blason famille de la Bonde DOCUMENTS DIVERS PUBLIÉS blason famille de la Bonde

 

REVUE CATHOLIQUE de NORMANDIE

Référence : Revue Catholique de Normandie, t6, 1896-97, une célèbre baronnie normande, Abbé Godefroy, p. 365
Provenance : Archives Départementales de Saint-Lô

Personnages illustres nés à Torigni en dehors de noble famille des Matignon. 

Charles François de Labonde, seigneur d'Iberville. Ce personnage fut employé par Louis XIV dans des négociations importantes en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Angleterre. Il mourut le 7 octobre 1723. Il avait un frère, Henri François qui naquit à Villiers-Fossard en 1652.



CHARTRIER du CHATEAU du MESNIL-VITEY

Référence : 114J Chartrier du château du Mesnil-Vitey (1446-1908)
Provenance : Archives Départementales de Saint-Lô

114J2, accord entre Pierre de la Bonde, lieutenant et assesseur criminel à Thorigni et Marie des Essars, veuve de Michel Bauquet, écuyer, sr de Vermanoir, lieutenant général aux eaux et forêts du bailliage de Caux et tutrice de leurs enfants mineurs, et Jacques Bauquet, écuyer, leur fils majeur, devant les notaires de St-Lô, pour éviter un procès à cause d'une grande somme de deniers prêtés aux de Bauquet par le Sr de la Bonde lors de la reprise de possession du lieu de Vermanoir à Airel, au préjudice de Dlle Michelle Goulet et de Jacques du Bosdelle, écuyer, son mari ; subrogeant le Sr de la Bonde aux créances qu'ils peuvent avoir sur les dits du Bosdelle, Pierre le Foulon et Perette le Mie sa femme  (1644)



SEIGNEURIE du MESNIL-VITER

Référence : Notes concernant la seigneurie du Mesnil-Viter, p.75, Notices Mémoires et Documents publiés par la Société d'Agriculture, d'Archéologie et d'Histoire naturelle du département de la Manche, t. 12, 1894
Provenance : Archives Départementales de Saint-Lô

Fief au Peton, Petou, Petouf, Poiton ou Poitou.

Butte le chemin de Saint-Gerbot allant au moulin Cantet et au hamel de la Pouletterie et le chemin de Saint-Lo à la Roque. Devant David La Rose et Jacques Vaultier, tabellions à Saint-Lô, fieffe par Jean Hue, fils feu David, monnoier de Saint-Lo à Richard Gourdier, écuyer, sieur de la Valette, de la paroisse d'Airel, de la Grande Croutte, contenant 9 vergées, bornée par lui, vendeur, le chemin tendant aux Clefs-de-Vire et Me Joachim de la Bonde, conseiller du Roi, Vicomte de Thorigni, plus une vergée sur le même chemin, tenus également du fief Peton.



FAMILLE LECONTE d'YMOUVILLE

Référence : Annuaire du département de la Manche, vol. 27, 1855
Provenance : Archives Départementales de Saint-Lô

p.24 C'est à Saint-Denis-le-Vêtu que se trouvent les premiers membres de la famille Leconte d'Ymouville.

Barthole Leconte, sieur de l'Epiney, fut anobli par Henri III, en vertu d'une charte donnée à Blois au mois de décembre 1576. Son fils, Jacques Leconte, écuyer, épousa noble demoiselle Claude de Reviers. Adrien Leconte, sieur de Boisroger, fils de Jacques, épousa Madelaine du Mont et fit preuve de sa noblesse en 1621.

Nicolas Leconte, son fils, devint propriétaire du fief d'Ymouville, par son mariage avec Marguerite Le Moine. François Le Conte, leur fils, écuyer, épousa Anne-Charlotte de la Bonde, fille de Joachin de la Bonde et de Marguerite Richardeau.

Leur fils, Nicolas Le Conte, épousa noble dame Renée-Madeleine-Françoise de Grimouville, fille de Julien de Grimouville, chevalier, seigneur de Montmartin, qui avait épousé en premières noces Marie-Jeanne Michel d'Annoville dont il n'eut qu'un fils mort sans postérité; et en secondes noces Madelaine de Piennes, fille du marquis de Piennes et de Suzanne de Longauney.

Nicolas-Charles Le Conte, leur fils, écuyer, seigneur des fiefs du Plessis d'Ymouville et de Montmartin épousa Bonne-Françoise-Catherine-Roberte-Michelle de Mary de Bourville (note 1 :
Voir suprà, page 136. La charte de Henri III que j'ai eue à ma disposition m'a permis de rectifier une erreur commise d'après certains manuscrits où il est parlé de la famille Le Conte. Ce fut Barthole et non Nicolas qui fut anobli en 1576, et non en 1578. Je dois plusieurs renseignements, sur Saint-Denis-le-Vêtu, à M. Achard de Leluardiére qui appartient à la noble et très ancienne famille Achard. ).

La famille Le Conte porte d'or, au vautour d'argent becqué et membré de gueules.


DICTIONNAIRE des ANOBLIS NORMANDS

Référence : Dictionnaire des anoblis normands (1600-1790), G. d'Arundel de Condé, 1975
Provenance : Archives Départementales de Saint-Lô


n°800 LA BONDE (de)

Août 1697 : Anoblissement de Henry-François de LA BONDE, vicomte de Thorigny. Ses ancêtres ont toujours vécu noblement ; son frère Jean, Sieur de Champreuil, est mort au champ d'honneur comme garde marine ; son autre frère François, Sieur d'Iberville, est Trésorier de France au bureau des finances de Caen. Il s'agit d'un des 500 anoblissements de l'Edit de mars 1696.

Enregistré en la Cour des Aides de Normandie le 7 juillet 1698 (Registre mémorial 47, f°18 v° et Registre du Conseil, p. 193).

Note : La finance de ces anoblissement est de 6.000 livres.

ARMOIRIES : d'hermine, à la croix de gueules. Timbre : casque de profil orné de ses lambrequins d'argent, de gueules et de sable


STATISTIQUE MONUMENTALE du CALVADOS

Référence : Statistique monumentale du Calvados, t.5, Arcisse de Caumont
Provenance : Gallica

Canton de Mézidon, p. 423, Biéville.
L'église de Biéville est moderne, éclairée par de grandes fenêtres sans caractère, et elle n'offre aucun intérêt archéologique. [...] Dans le choeur, du côté de l'évangile, on lit l'inscription suivante sur une table de marbre noir portant un blason

CY GIT
TRES HAUTE ET TRES PUISSANTE
DAME, MADAME ANNE FRANCOISE
DE LA LONDE DHIBERVILLE
DECEDEE A SON CHATEAU DE
RUPIERRE LE 20 OCTOBRE
MDCCLXVII
VEUVE DE TRES HAUT ET TRES
PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE
THOMAS CHARLES COMTE
DE MORANT
MARECHAL DES CAMPS ET ARMEES
DU ROI, MORT A SON CHATEAU
DE BREQUIGNY PRES RENNES LE
20 OCTOBRE MDCCLXIII
VERTUEUSE SENSIBLE ET CHARITABLE
ELLE FUT LE BONHEUR ET L'EXEMPLE DE TOUS CEUX
QUI VECURENT AVEC ELLE
FAISANT JOUIR SON EPOUX DES FRUITS D'UNE SAGESSE
DONT LES LECONS INSTRUISAIENT SES ENFANTS



MEMOIRES de l'ACADEMIE de CAEN

Référence : Mémoires de l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, nouvelle série, tome V, 1929
Provenance : Gallica

VOYAGES ET NÉGOCIATIONS D'UN DIPLOMATE BAS-NORMAND (1706-1715)

p. 156


 Là, ou ailleurs, [Pierre Le Rossignol, sieur d'Anneville] fit la connaissance d'un compatriote, Charles-François de la Bonde, sieur d'Iberville, qui devait l'emmener à sa suite en Italie. Né à Torigni le 22 janvier 1653, commis aux Affaires Étrangères de 1678 à 1688, puis trésorier de France au bureau de Caen, il fut envoyé en mission à Genève. Nommé à Gênes en 1706, de retour en France en 1709, il passa quelque temps en Espagne, et enfin en Angleterre de 1715 à 1717. Il mourut à Paris le 6 octobre 1723. Carrière mi-administrative, mi-diplomatique, moins obscure que celle de Pierre d'Anneville, mais assez analogue.


Le passage de M. d'Iberville aux différents postes qu'il occupa lui valut une certaine notoriété, dont on trouve un écho chez les mémorialistes du temps : « homme d'esprit exercé aux affaires délicates », écrit Noailles ; « fort bon homme pour un Normand, écrit Mathieu Marais; il savait beaucoup de choses, mais il parlait trop pour un homme d'État et vous assassinait de cent histoires que vous ne saviez point et qu'il ne finissait point ».

Tel était l'homme dans la suite duquel d'Anneville allait se mettre en route; il le suppléerait plus tard à Gênes, et serait enfin nommé pour lui succéder à son tour, en qualité d'envoyé extraordinaire. Leurs relations paraissent avoir été amicales, voire cordiales : d'Anneville d'ailleurs, si l'on en juge d'après ses journaux de voyages et sa correspondance, devait être d'un commerce agréable et sûr.


p. 164-177

De Paris à Gênes

La mission qui incombait à M. d'Iberville, désigné en 1706 pour représenter le Roi de France auprès de la République de Gènes, en remplacement de M. de Loussienne, n'était pas de celles que l'on pût confier à un homme sans expérience des affaires (Les instructions données à M. d'Iberville ont été publiées par Edouard DIUAULT. Recueil des Instructions... XIX, Paris, 1912, p. 229).

C'est qu'en effet les Génois ne pouvaient pas avoir oublié le terrible bombardement de 1684; Duquesne et Seignelay ruinèrent à coups de canon, quatre jours durant, une partie de la ville et tout le faubourg de Sampier d'Arena. Un voyageur français qui traversait Gênes celte même aianée 1706, le P. Labat, remarquait qu'à cette date le quartier de Garignan n'«lait qu'un monceau de ruines, et que dans le centre de la ville, il y avait encore plus de cinq cents maisons non réparées.

On comprend après cela que la Sérénissime République n'ait point jugé à propos de sortir d'une neutralité qui, aussi bien, permettait à ses commerçants et à ses armateurs de réaliser de beaux bénéfices. Dans cette guerre de la succession d'Espagne qui mettait aux prises les principaux Etats de l'Europe, Gênes était voisine du duc de Savoie qui avait définitivement rompu avec le parti français, et gui combattait son propre gendre, Philippe V, roi d'Espagne, petit-fils de Louis XIV. Se déclarer «génialiste» français, eût été s'exposer à une invasion immédiate, à laquelle les médiocres troupes de la République n'eussent pu opposer qu'une résistance inefficace.

En 1706 surtout, une telle rupture de la neutralité en faveur de la France eût été folie pure : les armées de Louis XIV venaient de subir des échecs répétés. Sans parler de la défaite de llamillies, suivie de la perte des Pays-Bas, l'Italie elle-même venait d'être évacuée. Le 7 septembre, à la suite d'une attaque du prince Eugène, le siège de Turin avait dû être levé, et les troupes du duc d'Orléans reculaient jusqu'aux Alpes, abandonnant les blessés, 250 pièces de canon, 108 mortiers, les bagages et des chevaux en grand nombre. C'était un désastre. « Cet accident, écrit d'Anneville, nous consterna fort; nous comprîmes aisément que nous trouverions sur tous les visages un air de dédain au lieu de ces applaudissements que nous avions espérés ».

Le départ de M. d'Iberville et de sa suite ne pouvait plus être retardé. Il fut fixé au 2 octobre. D'Anneville relevait à peine d'une forte attaque de fièvre double tierce, qu'il guérit sans médecins : ce qui fut peut-être la cause de la promptitude de sa convalescence ! Il fit ses adieux, acheva ses emplettes, et prit, au jour ait, la diligence de Lyon qui partait à cinq heures du matin. Avec lui voyageaient M. d'Iberville, M. de Poliac son secrétaire et le cuisinier; sans compter quatre autres personnes.

« J'avais cru, dit-il, au nom de diligence, et au grand bruit que fait cette voiture, que nous allions voler; j'imaginais des cahots horribles, et qu'il fallait toujours être cramponné pour ne se pas heurter les uns les autres : point du tout. Je fus tout surpris de rencontrer un carrosse de voiture à l'ordinaire, qui s'est donné la réputation d'aller vite aux dépens des pauvres voyageurs, qui ne sont que trois ou quatre heures dans le lit, et qui, à force de se lever matin et de se coucher tard, font aux dépens de leur repos, plus de vingt lieues par jour ».

Dîner à Melun; souper et coucher à Pont-sur-Yonne, « gîte détestable, où nous maudîmes l'hôte, les valets et le village sans l'avoir vu, car, par parenthèse, on voyage par la diligence à moitié à colin-maillard; on arrive si tard aux lieux où l'on couche, et l'on en part si matin, qu'on ne les voit point ». Le lendemain dimanche, messe suivie du dîner à Joigny, et l'on couche à Vermenton, non sans avoir regardé « avec avidité et avec une sorte de respect, ces coteaux où croît le bon vin de Bourgogne ». Le 4 octobre, départ à trois heures du matin, dîner à La Roche, coucher à Arnay-le-Duc. Le 5, départ à deux heures, arrivée à Chalon-sur-Saône; embarquement sur la diligence d'eau, couchera Mâcon. Enfin, le 6, à quatre heures de l'après-midi, on atteint Lyon. Un riche marchand, M. Constant, attendait les voyageurs, et les fit conduire en ville, dans une maison bourgeoise de la place Bellecour, où d'Ànneville allait enfin goûter un peu de repos.

Le séjour devait en effet se prolonger quelque peu. Grâce aux recommandations dont il s'était fait précéder, d'Anneville fut reçu par l'intendant Trudaine, chez lequel il rencontra M. de la Tullaye, gentilhomme breton, qui devait se rendre à Gênes avec l'envoyé de France pour, de là, visiter l'Italie. Quant à M. d'Iberville, il alla passer quelques jours à Genève où, l'on s'en souvient, il avait naguère résidé. On s'occupa donc à parcourir la ville, ses monuments, à assister à la comédie, à regarder tisser la soie ou filer l'or. Et ainsi l'on atteignit le 19 octobre.

Ce jour-là, commença la descente du Rhône; elle fut contrariée par le mauvais temps, interrompue « par les corps de garde postés de lieue en lieue sur les rives du Rhône du côté du Vivarais, pour empêcher le passage des fanatiques », c'est-à-dire des Huguenots dont on redoutait un soulèvement. A chaque fois, il fallait présenter les passeports. A la nuit, on s'arrêtait. Un soir, ce fut à Tains; l'aubergiste du lieu raconta « plusieurs choses singulières ». En effet! Après une assez égrillarde aventure d'ermite, il en vient au récit de la découverte du cadavre d'un géant de plus de cinquante pieds de hauteur. Lui-même, le narrateur âgé de quinze ans lors de cette mirifique exhumation, prétendait avoir conservé la mâchoire pesant plus de cinquante livres. Et d'autres histoires suivent, non moins étonnantes. Sans sourciller, d'Anneville les enregistre : mais était-il dupe ?

Ce pays était d'ailleurs fertile en géants, ainsi qu'on le vit bien à Valence. Celui-ci, retrouvé d'après la tradition, en 1456 n'existait plus guère, si l'on peut dire, qu'à l'état de souvenir. Tout au plus les Jacobins, dans le couvent desquels se conservaient quelques fragments du squelette, pouvaient-ils montrer un os du genou et un tibia ; les Minimes se contentaient d'une côte. Pour le reste, tout avait été brûlé ou jeté dans le Rhône par les Huguenots, qui avaient cru y voir des reliques. Mais, pour que nul ne pût mettre en doute ces faits historiques, le présidial avait eu soin, en 1648, de faire exécuter une peinture, accompagnée d'une inscription que d'Anneville relève avec soin. En quoi il ne fait que répéter, avec plus de détails, ce que notait un demi-siècle plus tôt, en son journal de voyage de France et d'Italie, Grangier de Liverdis ; et ce que signalera à son tour Piganiol de la Force en sa Nouvelle Description de la France.

La navigation se poursuit avec maintes haltes. À Pont-Saint-Esprit, « le menu peuple... sent l'oignon et ne parle que languedochien ». Le 22 octobre, à sept heures du soir, on est en Avignon, et l'on se rend à l'auberge du Petit-Louvre. Il ne faut pas exiger de d'Anneville qu'il nous chante, comme Mistral, cette admirable succession de paysages et de vieux monuments, que d'ailleurs il n'aperçut qu'au travers des rafales de pluie et de vent ! Pour lui, ce qui compte surtout, c'est que dans la ville papale on peut faire bonne chère à bon marché et que « la vie y est douce, commode, abondante, et pourvu qu'on n'y parle point mal de la religion ni du pape, jamais on n'y voit troubler sa tranquillité ».

Le lendemain, un coup d'oeil aux principales églises et à quelques couvents de la ville, et, comme c'était jour de Sabbat, une visite à la synagogue : « une espèce de petite chambre toute pleine de lampes où chacun d'eux (les juifs) mal vêtu avec un chapeau jaune et quelques-uns d'entre eux couverts d'un ancien drap de parement, épars çà et là, crient et chantent en hébreu sur un différent ton, ce qui faitune musique effroyable ». La pluie redoublant, il fallut renoncer à partir le jour même.

Mais le dimanche 24, après une messe ouïe à N.-D. des Doms « fort obscure », on se met en route à sept heures du matin en quatre calèches avec quatre valets à cheval. Arrivée au bord de la Durance, auprès de la Chartreuse de Bonpas, la caravane trouve la rivière débordée. Tandis que la pluie tombe et que l'on cherche des rameurs, plusieurs heures se passent. Survient un autre voyageur, M. de Grenonville, « gentil-homme du pays de Caux et très bon homme de mer, qui s'en allait à Toulon pour courir la mer »? Enfin, péniblement, on franchit l'obstacle, deux calèches à la fois sur le bac; si bien que l'on  n'atteint la bourgade la plus proche, Orgon, qu'à la nuit. Cinq lieues seulement pour toute la journée !

Le lendemain, dîner à Lambesc et arrivée à Aix à quatre heures- D'Anneville admire — et l'on ne peut qu'être d'accord avec lui — les belles maisons de la ville, ses rues, son cours surtout. Il accompagne M. d'Iberville dans ses visites aux principaux personnages : M. de Grignan, lieutenant du roi, le gendre de Mme de Sévigné; MM. Le Bret père (premier président du Parlement) et fils (intendant de Provence); M. et Mme de Raousset.

Dès le 26, on se rend à Marseille, dont l'aspect séduit tout d'abord ; mais bientôt, il faut déchanter. L'hôtel de Montpellier où va loger d'Anneville avec son compagnon de route La Tullaye (tandis que M. d'Iberville était hébergé à l'arsenal), est malpropre et malodorant : au rez-de-chaussée, des écuries encombrées de fumier ; sur les toits, les « lieux communs ». Et c'est, paraît-il, la coutume dans tout Marseille, jusque dans les maisons les plus propres, d'en agir ainsi. Que si l'on n'a pas le loisir, ou le goût de monter sur le toit, la nuit venue « on fait pleuvoir des fenêtres des odeurs plus fortes qu'ambre, mais moins agréables à sentir, et on crie en provençal pour prévenir les passants ». Ce témoignage n'est d'ailleurs pas isolé : le P. Labat, dans son récit, le confirme expressément. Aussi est-ce sans regret qu'après avoir parcouru l'arsenal, la Santé, la citadelle, après avoir passé deux soirées au spectacle et d'autres autour des tables richement servies de plusieurs gros marchands, l'on se remit en roule le 2 novembre, pour gagner Toulon. Route difficile, à travers les rochers et les forêts de pins, « ce qui fait de temps en temps des beautés affreuses » ; dîner dans un cabaret, à table d'hôte : « cette méthode est établie par toute la route et est commode, mais elle fait avoir d'étranges compagnies. Après tout, quand on est en voyage, il faut s'accoutumer à toutes sortes de visages et faire honnêteté à tout le monde ». Par Ollioules, la chaise roula jusqu'à Toulon où, après avoir été se présenter chez le gouverneur, les voyageurs allèrent loger à la Croix-d'Or.

Les quelques jours qu'ils y passèrent furent agréables, tant pour les visites qu'ils firent aux bâtiments en rade, que pour l'aimable société qu'ils fréquentèrent: dîners, soupers en compagnie d'officiers de marine, dont plusieurs originaires de Normandie et de Bretagne. M. de Grenonville, retrouvé là, ne fut pas étranger à la cordialité de ces réceptions. Le 6 novembre au soir, M. d'Iberville, qui s'était attardé à Marseille, rejoignit sa suite. Un dernier souper fut donné chez l'intendant de la marine; et le lendemain matin, après avoir bataillé avec les voituriers peu désireux de s'en aller « au bout de la Provence et du Royaume « sans certitude d'être payés pour leur retour; après avoir grogné contre la malpropreté de l'auberge, la maison de l'envoyé de France roula, en deux chaises de poste, dans la direction d'Antibes. Dîner à Guers, où se faisaient les préparatifs d"une procession pour la paix et pour l'accouchement de la duchesse de Bourgogne : pénitents blancs et gris, Récollets, pensionnaires des couvents de filles, châsses ornées de fleurs et de rubans. Tout cela intéresse si fort d'Anneville et ses compagnons qu'ils arrivent à la nuit à Pignans.

L'étape suivante les mena à Fréjus. Puis, ils franchirent l'Estérelet vinrent dîner à Cannes, dont ils admirèrent le site. Enfin, à sept heures, ils atteignirent Antibes où ils devaient s'embarquer à bord de deux galères du roi. Là attendaient les gros bagages, la vaisselle d'argent, les tapisseries de M. d'Iberville, sous la garde d'une femme de charge, d'un valet de chambre et de deux laquais. M. de Percy, commandeur de Malte, qui les avait amenés là, avait pris les devants et s'était rendu à Gênes « pour s'assurer d'une maison et travailler à donner quelque arrangement aux affaires ».

À Antibes, mauvais vouloir des commandants des galères, puis temps affreux, empêchant la traversée. Séjour maussade; aucune société à fréquenter. Nos voyageurs se morfondent; enfin arrivent des instructions, ordonnant de désarmer les galères, en raison de la saison trop avancée. Au fond, insinue d'Anneville, les officiers de marine ne tenaient pas à s'exposer aux insultes des vaisseaux anglais, qui croisaient dans les parages.

En attendant une solution, il cherche à s'instruire des antiquités d'Antibes. Il découvre une histoire manuscrite, due à Jean Arasi, avocat, maire et premier consul de la ville. De ce document, il donne un résumé qui tient sept grandes pages de son journal. A quoi l'on voit bien que les distractions mondaines étaient courtes, dans la petite place forte déchue et triste, en ce novembre pluvieux !

Ce supplice dura une grande quinzaine. D'Anneville eut le temps de pester à son aise contre le peuple « naturellement orgueilleux et méprisant» de ce canton provençal où l'on mange « un ou deux anchois qu'on enferme entre deux morceaux de pain ». Dur régime, sans doute, s'il dut s'y soumettre, lui, l'amateur des bons repas arrosés de vins généreux !

Le 25 novembre (les galères étaient retournées à Marseille dès le 21), on mit à la voile sur trois barques, dites coralines, que M. dIberville avait fait venir de San-Remo. Temps exécrable, une fois de plus, et l'on dût relâcher à Villefranche sur-Mer.

Le lendemain, profitant d'une accalmie, la flottille gagna Monaco. M. d'Iberville aurait voulu garder l'incognito, de peur d'incidents de protocole « pour éviter avec le Prince le Monseigneur et l'Altesse ». Mais une chaise à porteurs l'attendait au port, et, tandis qu'il allait dîner au château, la suite restait au cabaret. Cependant l'après-dîner, tout le monde fut convié à la petite cour, où il y eut concert. Le prince Antoine, duc de Valentinois, était le dernier de la famille des Grimaldi, famille où l'harmonie ne régnait guère. D'Anneville ne se doutait pas que, moins de dix ans plus tard, l'héritière de la principauté devait épouser l'un de ses plus illustres compatriotes, Jacques-François-Léonor de Matignon, comte de Torigni, et que celui-ci, en 1731, succéderait à son beau-père dont il prendrait le nom et les armes.

Pour l'heure, le voyageur se contenta de jouir des distractions qui lui plaisaient si fort : visite du palais, des jardins; réception des officiers de la garnison (treize compagnies françaises de Royal Roussillon); promenade à Menton dans la felouque du prince, d'abord, puis en calèche. Le 30 novembre, jour Saint-André, il va à l'église, où il entend pour la première fois prêcher en italien. « C'était un capucin qui gesticulait en vrai pantalon ; un crucifix est attaché à la chaire, qui essuyait de sa part maintes apostrophes. Tout son sermon n'était plein que de concetti, et j'avoue qu'il me divertit fort». En outre, il s'instruit de l'histoire de Monaco, et de la généalogie de ses princes, écrite en 1646 par le sieur Charles, de Venasque.

L'après-midi du 1er décembre, une galère de Gênes est annoncée : elle avait à son bord la marquise Doria, tante du prince, accompagnée de son fils. Salves d'artillerie, débarquement en grande pompe, souper magnifique avec toute la vaisselle d'argent. C'était cette galère que l'on attendait, pour franchir enfin la dernière étape, à défaut de celles du roi de France, si inopportunément désarmées. Toute l'ambassade y prend place, en sortant de table, à deux heures du matin, le 2 décembre. Traversée contrariée encore par les vents, et relâche à Vado.

Le lendemain, on touche au terme du voyage. D'Anneville admire la splendeur du paysage, et prend, à l'entrée du port de Gênes, passage sur une felouque envoyée au-devant de M. d'Iberville. A son bord se trouvent, venant saluer l'envoyé, le commandeur
de Percy, le commissaire des guerres Galeran, d'autres Français. Sur le quai, attendent M. de Montéléon, envoyé du roi d'Espagne, et M. de Loussienne. Tout ce monde monte en carrosse pour se rendre au palais préparé par les soins de M. de Percy. La chambre où s'installe d'Anneville est belle; elle a vue sur la place Spinola et sur celle des Fontane Morose, en plein quartier des plus aristocratiques demeures de la cité ducale.

Depuis soixante-trois jours, on était en route. Délai fort long, et que les voyageurs ordinaires n'atteignaient pas, d'habitude. Beaucoup d'entre eux se contentaient, s'ils allaient à Gênes, de s'embarquer à Marseille sur quelque bateau marchand; plutôt encore, ils s'y rendaient par voie de terre, comme Grangier de Liverdis un demi-siècle plus tôt. Il est vrai que cela n'était pas possible en 1706, vu l'état de guerre avec le duc de Savoie. Il est vrai aussi que, pour passer entre les croisières ennemies, les précautions étaient de mise. Et puis, il y a ce que d'Anneville ne dit pas : pourquoi le crochet de M. d'Iberville à Genève ? Pourquoi le séjour prolongé à Marseille? Affaires à expédier, instructions à attendre, cela est possible. Car la situation diplomatique était plus embrouillée que jamais, et les événements se succédaient rapidement. L'envoyé du Roi Très Chrétien allait avoir de la besogne.


Séjour à Gênes

Durant plus d'une année, d'Anneville restera à son poste. Année pénible pour les Français : abandon du Milanais, d'abord, par nos armées. Tout aussitôt, les partisans de l'Autriche relèvent la tête. Légère compensation, peu après; en vue de Gênes le comte de Villars, frère du maréchal, attaque trois Vaisseaux anglais dont l'un, de soixante-douze canons, fût brûlé à la côte de Vintimille, tandis que les deux autres s'enfuyaient à Livourne. Un autre petit combat naval, le 1er mai, met aux prises trois barques françaises avec une frégate anglaise qui se réfugie dans le port de Gênes. Peu de jours plus tard, parvient la nouvelle de la victoire d'Almanza (23 avril) : illuminations et fontaines de vin devant les portes des envoyés d'Espagne et de France. Puis, succès du maréchal de Villars à Stollhoffen.

Mais voici le revers de la médaille. Naples est prise par les Impériaux; l'armée du duc de Savoie et du prince Eugène envahit la Provence et met le siège devant Toulon. C'est pour d'Anneville un rude temps d'épreuve. Le sort de la France est lié, peut-être, à celui de cette place où, peu de mois auparavant, il était passé. Bientôt d'ailleurs les alliés lèvent le siège; le maréchal de Tessé se met à la poursuite des envahisseurs. Te Deum à l'église de l'Annonciade. La campagne de 1707 n'avait donc pas été trop mauvaise.

Sur le rôle joué par M. d'Iberville durant ces mois où les Français de Gênes tremblaient à chaque instant d'apprendre la chute de Toulon, son attaché est muet : c'est à la correspondance officielle qu'il faut se reporter pour suivre les démarches du diplomate, le soin qu'il prend de renseigner son souverain, les appels qu'il lui adresse pour envoyer des troupes à Naples. Vains appels, du reste, en un temps où les frontières sont déjà menacées, et l'invasion même commencée par les Alpes.

Par contre, d'Anneville raconte tout au long la cérémonie de l'entrée solennelle de l'envoyé extraordinaire. Retardée parce que la livrée n'était pas prête, elle fut fixée au 28 février, c'est-à-dire près de trois mois après l'arrivée de l'ambassade. M. de Loussienne avait eu son audience de congè le 10 décembre précédent.

Ce jour-là, quatre représentants de la noblesse génoise viennent prendre M. d'Iberville à son palais : MM. les marquis Jean-Augustin Centurion, ci-devant envoyé en France, Lorenzo Fieschi, neveu du cardinal-archevêque de Gênes, Domenico Franzon, et Bartolomeo Ferretti, fils du Doge. La nation française composée de plus de deux cents personnes préalablement assemblées chez le sieur Aubert, consul, ainsi que la nation espagnole, viennent grossir le cortège.

Celui-ci se met en marche. Deux valets du palais de la République, en tête, suivis par la chaise à porteur de Monsieur l'Envoyé, dorée et ornée de peintures d'un très bon goût. Puis dix estafiers, vêtus d'une livrée fort magnifique, marchant deux à deux, et six valets de chambre. Suivent les nations française et espagnole, des gentilshommes en nombre entourant l'envoyé d'Espagne, les officiers des galères de Gênes au service du roi d'Espagne; M. d'Iberville enfin, et derrière lui encore trois cents nobles génois.

Après une demi-heure de défilé à travers les rues, on arrive au palais. Le Doge, entouré des sénateurs, attend. Révérences. M. d'Iberville prononce un discours de circonstance (dont le texte est fidèlement transcrit par d'Anneville), et remet ses lettres de créance. Le Doge lui répond. Révérences. Toute la noblesse génoise défile. On retourne dans le même apparat. Devant sa porte, l'envoyé reçoit les compliments des gentils-hommes et de la nation de France.





MONNAIE et MONNAYERS de SAINT-LO

Référence : Annuaire des cinq départements de la Normandie, 98e année, 1931, Le Vieux Saint-Lô qui n'est plus, Monnaies et Monnayers de Saint-Lô
ProvenanceArchives Départementales de Saint-Lô

p. 141, Monnayers
1649, Pierre de la Bonde, avocat

Le CELSE de La BRUYERE et CHARLES-FRANCOIS de La BONDE

Référence : Le CELSE de La BRUYERE et Charles-François de La BONDE seigneur d'Iberville, par le M. le Baron d'ESNEVAL, membre non résidant (M. Bézuel Le Roux d’Esneval), dans Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie t.37, 1926-27, p.343-350
ProvenanceArchives Départementales de Saint-Lô


Le 39e portrait du Mérite personnel des Caractères de La Bruyère est généralement reconnu comme celui du baron de Breteuil ; M. Servois, dans sa notice biographique sur la Bruyère (note 1 : Edition des Grands Ecrivains, tome Ier, p. LI et suiv.) a remarqué le premier que, si cette attribution est vraisemblable, quelques traits du caractère rappellent un autre diplomate de l'époque, M. d'Iberville. Relisons ce "caractère" : "Celse est d'un rang médiocre, mais des grands le souffrent ; il n'est pas savant, il a relation avec des savants ; il a peu de mérite, mais il connaît des gens qui en ont beaucoup ; il n'est pas habile, mais il a une langue qui peut servir de truchement, et des pieds, qui peuvent le porter d'un lieu à un autre. C'est un homme né pour les allées et venues, pour écouter des propositions et les rapporter, pour en faire d'office, pour aller plus loin que sa commission et en être désavoué, pour réconcilier des gens qui se querellent à leur première entrevue, pour réussir dans une affaire et en manquer mille, pour se donner toute la gloire de la réussite, et pour détourner sur les autres la haine d'un mauvais succès ; il sait les bruits communs, les historiettes de la ville ; il ne fait rien, il dit ou il écoute ce que les autres font, il est nouvelliste ; il sait même le seret des familles ; il
entre dans les plus hauts mystères ; il vous dit pourquoi celui-ci est exilé, et pourquoi on rappelle cet autre ; il connaît le fonds et les causes de la brouillerie des deux frères et de la rupture des deux ministres. N'a-t-il pas prédit aux premiers les tristes suites de leur mésintelligence ? N'a-t-il pas dit de ceux-ci que leur union ne serait pas longue ? N'était-il pas présent à de certaines paroles qui furent dites ? N'entra-t-il pas dans une espèce de négociation ? Le voulut-on croire ? Fût-il écouté ? A qui parlez-vous de ces choses ? Qui a eu plus de part que Celse à toutes ces intrigues de cour ? Et si cela n'était ainsi, s'il ne l'avait pas du moins ou rêvé ou imaginé, songerait-il à vous le faire croire ? Aurait-il l'air important et mystérieux d'un homme revenu d'une ambassade ?"

Voyons maintenant ce que l'on peut savoir de M. d'Iberville. Charles-François de la Bonde, seigneur d'Iberville (note 2 : c'est ainsi qu'il signait, mais son père écrivait Hiberville et l'on trouve Yberville), baptisé le 22 janvier 1653, était le second fils de Joachim de la Bonde, seigneur d'Hiberville, vicomte de Thorigny, et de Marguerite Richandeau. Il fut l'illustration de sa famille qui, originaire, semble-t-il, des environs de Saint-Lô, où son bisaïeul était monnayeur, n'avait guère, avant lui, de notoriété. Son grand-père, Pierre de la Bonde, étant venu d'établir à Thorigny où, d'abord enquêteur commissaire examinateur, puis lieutenant criminel (note 3 : il avait épousé Charlotte Bougeard), s'y était fait une certaine situation locale dont hérita son fils aîné.
La famille de sa mère était encore plus modeste ; le contrat de mariage de celle-ci, 19 avril 1651, nous la montre fille de Jean Richandeau, juré-mouleur et contrôleur de bois, bourgeois de Paris, et de Anne Saulnier ; et presque tous ses parents qui y figurent sont marchands, tapissiers, orfèvres.

Son père, Joachim de la Bonde, avait su se faire bien voir des puissants seigneurs de Thorigny, les Matignon. Henri de Matignon, comte de Thorigny, lieutenant pour le roi en la province de Normandie, et sa soeur Françoise de Matignon furent parrain et marraine de son fils aîné, Henri-François, qui né le 19 janvier 1652 (note 4 : il avait été ondoyé, lors de sa naissance, par permission de l'évêque de Bayeux) à Villiers-Fossard, ne fut baptisé que le 1er janvier 1668 ; et Charlotte de Matignon, femme de Jacques de Matignon, comte de Thorigny, fut marraine le 4 mai 1676 de sa fille, Marie-Charlotte, avec notre Charles-François. La protection des Matignon dut être l'origine de la fortune de M. d'Iberville.

Intelligent, souple, beau parleur et ambitieux, son père l'ayant envoyé chercher fortune à Paris, il réussit, en 1678, à entrer dans les bureaux des Affaires étrangères et devint rapidement un des commis les plus appréciés du marquis de Croissy. Saint-Simon nous dit qu'il était fort délié et très capable en affaires (note 5 : Mémoires, édition Boilisle, tome IV, p.284), plus juste dans cette appréciation que le duc de Luynes qui ne l'estimait pas propre aux négociations. Croissy, bon juge en la matière, pensait comme Saint-Simon. En 1686, il résolut de l'envoyer comme résident à Genève. D'Iberville sentit alors que sa situation, plus que douteuse au point de vue nobiliaire, pouvait nuire à une carrière diplomatique ; bien que son père eut pris dans son contrat de mariage la qualification d'écuyer et que lui-même s'en parât habituellement, - elle lui est donnée dans l'acte de baptême de sa filleule, - nul ne pouvait ignorer que Joachim de la Bonde avait été condamné, le 2 décembre 1666, par Chamillart, intendant de Caen, comme usurpateur de noblesse et que, n'ayant produit depuis aucun titre pour s'en relever, la condamnation était devenue forclose. Pour remédier à cette facheuse situation, d'Iberville se résolut à l'acquisition d'une charge qui l'investit de la noblesse personnelle, en attendant que vingt ans d'exercice la rendit héréditaire pour ses descendants.

En 1686, La Bruyère était depuis un an l'un des professeurs du duc de Bourbon, et comme il lui devenait difficile d'avoir l'air d'exercer (car il n'en eut jamais que l'air) sa charge de trésorier de France au Bureau des finances de Caen, il cherchait à s'en défaire. D'Iberville s'aboucha avec lui et l'affaire fut vite conclue ; les lettres de provision furent signées le 16 janvier 1687 et, le même jour, d'Iberville prêta serment entre les mains du chancelier Boucherat. Bien que Normand, d'Iberville désirait s'éviter un voyage de Genève à Rouen et à Caen, et il espérait que la chambre des Comptes de Rouen considérerait comme suffisant le serment qu'il vait, suivant l'usage, prêté au Chancelier. Il se trompait et, pour ne pas perdre ses gages, il dut obtenir du Conseil d'Etat, quelques mois plus tard, un arrêt qui l'autorisait à les toucher quoique non installé, mais cette faveur ne lui été accordée qu'à la condition que l'année suivante ne s'écoulerait pas sans qu'il ait accompli les formalités requises. D'Iberville dut faire intervenir Croissy auprès du procureur général de la Chambre des Comptes de Normandie, car, sur la simple production de lettres de surannation et sans qu'il fit, en 1688, le voyage qu'il n'avait pas fait en 1687, la Chambre procéda, au mois de septembre, après une année et demie d'attente, à l'information réglementaire sur les âge, vie, moeurs, religion catholique, apostolique et romaine, vocation, comportement et moyens du nouveau trésorier, et enregistra purement et simplement à sa réception. D'Iberville satisfait s'en tint là et n'alla jamais à Caen. Ces délais, qui lui créérent maintes difficultés, avaient irrité La Bruyère contre son successeur et l'on peut retrouver les traces de cette irritation dans le "caractère" de Celse.

Mathieu Marais (note 6 : Mémoires, tome III, p.33), dont d'Iberville était l'ami, tout en reconnaissant qu'il était fort bon homme pour un Normand et qu'il savait beaucoup de choses, lui reprochait de trop parler pour un homme d'Etat, d'assassiner les gens de cent histoires qu'il ne savait pas et qu'il ne finissait point ; notons que l'époque des pourparlers de d'Iberville avec la Bruyère est justement celle de la brouille qui survint entre Claude Le Pelletier, contrôleur général des finances de 1683 à 1689, et l'un de ses frères, et du différend entre Louvois et Seignelay au sujet de l'expédition pour aider Jacques II à remonter sur le trône d'Angleterre, qui se termina par la défaite de la Hogue, 10 juillet 1690. M. Servois raconte cette anecdote  qui montre le peu de cas que  M. d'Iberville faisait de sa charge : il était si peu connu à la Recette générale des finances de Caen que son fondé de pouvoir, Bénédict-Olivier le Marchand, s'y étant présenté pour toucher ses gages en 1689, le scribe rédigea la quittance au nom de La Bruyère, démissionnaire depuis deux ans et demi. Les gens de finances n'eurent jamais de chance avec lui : lors de l'établissement de l'Armorial de 1696, il négligea d'y faire inscrire ses armoiries et il leur fallut lui en donner d'office.

D'Iberville remplit si bien sa mission en Suisse qu'en 1696, il fut nommé envoyé extraordinaire à Gênes, avec une mission secrète pour le duc de Savoie, Victor-Amédée II, que sa politique tortueuse et versatile a rendu célèbre. Il s'agissait de l'empêcher de quitter l'alliance française pour s'unir à l'Empereur. D'Iberville n'eut pas à se louer de cette entrevue et dut faire part à Louis XIV que ses négociations avaient été infructueuses ; pour l'en consoler, sans doute, Victor-Amédée le fit chevalier de son ordre des Saints-Maurice et Lazare par brevet du 20 mai 1690. Louis XIV ne tint pas rigueur à son envoyé de son échec, mais, sans tarder, il le fit payer cher au duc de Savoie : il fit envahir ses Etats par Catinat qui l'écrasa à Staffarde (18 août 1690).

En 1698, d'Iberville fut envoyé, au titre de résident, en Allemagne, près des électeurs archevêques de Mayence et de Trèves, de l'évêque de Wurtzbourg et du landgrave de Hesse. Ses lettres de créance sont datées du 16 juillet. Au lendemain de la paix de Ryswick, il avait mission de maintenir ces petits princes dans une neutralité bienveillante pour la France et de les isoler de l'empereur. La guerre de Succession d'Espagne mit fin au séjour de d'Iberville à Mayence.

Toujours bien avec les ministres, en 1704, il les fit souvenir de son titre de chevalier des Saints-Maurice et Lazare et sut en tirer profit. Il obtint le 22 juin un brevet du roi lui accordant, en considération de ses services en divers emplois et, en dernier lieu, en qualité de son envoyé extraordinaire en Allemagne, les fruits et revenus de la grande commanderie de l'ordre de Saint-Maurice en Savoie, vacante par la mort du Marquis de Drouero, et appartenant au roi par le droit de la guerre, et ordonnant au sieur Bouchu, conseiller d'Etat, intendant de Dauphiné et de Savoie de tenir la main à l'exécution de ce don. C'était prendre en rusé Normand sa revanche du duc de Savoie.

En 1710, d'Iberville reçut une mission temporaire près de Philippe V pour une négociation secrète. De 1713 à 1717, il remplit les fonctions de résident à Londres et prit sa retraite au retour de cette mission.

D'Iberville ne s'était jamais marié, il avait concentré toutes ses affections sur son neveu, fils de son frère aîné (note 7 : Henri-François et Charles-François de la Bonde avaient une autre soeur, baptisée à Thorigny, le 29 juin 1688 et dont Henri-François fut le parrain ; elle dut mourir sans avoir été mariée). Celui-ci était devenu vicomte de Thorigny après son père ; il se qualifiait seigneur de Soisy et avait contracté un brillant mariage qui l'avait apparenté à la haute noblesse de Normandie : sa femme, Anne-Antoinette Morant, était la fille de Charles-Thomas Morant, baron de Rupierre, maréchal de bataille des armées du roi, et de Valentine de Chasot.

Charles-François, né de ce mariage, fut baptisé à Thorigny, le 5 septembre 1701, et eut pour parrain son oncle, qui est qualifié dans l'acte : chevalier, seigneur d'Iberville, trésorier de France au Bureau des finances de la généralité de Caen, envoyé de la part du roi en Allemagne. M. d'Iberville perdit son frère en 1714 (note 8 : il fut inhumé, le 16 octobre 1714, dans le choeur de l'église Saint-Laurent de Thorigny)  et de suite il prit en main l'éducation de son neveu qui n'avait encore que treize ans, bien décidé à le pousser sur ses traces dans le grand monde.  Pour commencer, aussitôt qu'il en eut l'âge, il lui résigna sa charge de trésorier de France au bureau des finances de Caen, charge qui lui était de  toute utilité, comme elle l'avait été à son oncle, car il se trouvait au point de vue nobiliaire dans la même facheuse situation à laquelle celui-ci avait dû remédier par l'achat de cette charge. Situation facheuse, mais aussi vexante, car son père, qui avait dû faire enregistrer ses armes : d'hermines à une croix de gueules, à l'Armorial de 1696, sans qualification nobiliaire, avait réussi, grâce à l'influence de son frère, à obtenir du roi des lettres d'anoblissement, en août 1697, lettres qui furent rendues caduques par la révocation de 1715.

M. d'Iberville comptait bien que sa charge de trésorier de France ne serait pour son neveu qu'un pied à l'étrier ; il n'eut pas la consolation de voir s'accomplir l'élévation qu'il avait rêvée pour lui. Il mourut subitement à Paris, le 6 octobre 1723, pendant les négociations qu'il avait entreprises en faveur de son cher neveu pour l'achat de la charge importante de Président à la Cour des Comptes de Normandie et son mariage avec Marie-Catherine le Cordier de Bigards (note 9 : elle mourut à 64 ans et fut inhumée dans l'église de Thorigny, le 15 juin 1742), fille de François le Cordier de Bigards, marquis de La Londe, procureur général au Parlement de Normandie, et de Marie Voisin.

Mathieu Marais, notant dans ses mémoires la mort de d'Iberville, arrivée le soir même d'un jour où il lui avait rendu visite, et où, nouvelliste, comme le Celse de la Bruyère, il l'avait entretenu de la surprenante inondation arrivée à Madrid par un orage qui noya la duchesse de la Mirandole, le prince Pio et plusieurs autres personnages dans une maison et un jardin où ils étaient assemblés pour la conversation, lui fit cette épitaphe brève et injuste, parce qu'insuffisante :
Louange à dieu, repos au mort
Et paix en terre à nos oreilles.
M. d'Iberville fut bien la seule illustration de sa famille quoi qu'il en eut rêvé ; les espérances qu'en élevant son neveu il avait formée pour elle, furent vaines ; elle s'éteignit avec celui-ci. Nommé président à la Cour des Comptes de Normandie par provisions du 1er juin 1728 avec dispenses d'âge et cela, disent les ditres lettres, en mémoire des services de son oncle ; devenu baron de Rupierre par la mort des deux frères de sa mère, il mourut prématurément en 1750, ne laissant de son mariage avec Marie-Catherine le Cordier de Bigards (note 10 : leur contrat est du 25 novembre 1724) qu'une fille unique : Anne-Françoise de La Bonde d'Iberville, née le 13 octobre 1726, qui épousa, le 25 mai 1752, son cousin, le chef de la famille de sa grand-mère, Thomas-Charles, marquis de Morant (note 11 : les pièces citées dans ces notes font partie des archives d'Esneval, conservées au château d'Acquigny, où elles sont entrées par le mariage de la fille aînée de Anne-Françoise de La Bonde d'Iberville, Marie-Françoise-Félicité de Morant, avec Esprit-Maire-Robert Le Roux d'Esneval).



Les de MORANT - Albert BRUAS

Référence : Les de Morant, barons et marquis du Mesnil-Garnier. Recherches historiques et généalogiques sur une famille normande aux XVIIe et XVIIIe siècles ; Albert Bruas, Angers, 1892
Provenance : Gallica

p. 10 Gaspard, auteur de la branche de Rupierre et de Biéville-en-Auge.

Rupierre était un magnifique château, sis en la commune de Biéville-en-Auge, qui a été démoli un peu avant la Révolution et dont il ne reste que quelques dépendances. Cette terre appartient à la famille du Plessis d'Argentré.

Gaspard Morant, chevalier, seigneur et baron de Rupierre, conseiller du Roi, trésorier des Ponts, marié le 12 mars 1624 à Marie Le Comte de Montaglan, mourut en 1656, laissant un fils, Charles-Thomas, maréchal de bataille des armées du Roi, confirmé en noblesse par Chamillard, en 1666, époux, le 22 décembre 1654, de Valentine de Chasot. De ce mariage naquirent deux fils, Bernard, chevalier, seigneur de Rupierre, et Charles-Thomas, chevalier de Rupierre, capitaine de dragons au régiment de Silly, décédés sans postérité (inventaire de 1701, baillage de Caen) et deux filles dont une, Antoinette, épousa François de la Bonde d'Hiberville, vicomte de Thorigny, d'où Charles-François de la Bonde d'Hiberville, chevalier, seigneur et baron de Rupierre, président de la Chambre des comptes de Normandie (note : époux de Marie-Catherine Le Cordier de Bigards, dame et patronne de Torp, fille d'un procureur général au Parlement de Paris), mort en 1750. Sa fille, Anne-Françoise, née le 13 octobre 1726, héritière de la branche de Rupierre, dame et patronne de Biéville, épousa, le 25 mai 1752, Thomas-Charles, marquis de Morant (voir ci-dessous) et fit rentrer la terre de Rupierre dans la patrimoine de la branche aînée.

p.61 Thomas-Charles, marquis de Morant

Thomas-Charles, fils unique de Charles-Thomas-Marie, seigneur de Penzès, baron de Fontenay, châtelain de Bréquigny, naquit en 1727 et fut baptisé à  Saint-Michel de Saint-Brieuc (24 juillet-12 août). Mousquetaire du Roi à dix-sept ans, il fut nommé, le 2 janvier 1748, mestre de camp des dragons de la Reine ; chevalier de Saint-Louis en 1757, il devint en 1760 brigadier des armées du Roi, et en 1762 maréchal de ses camps. Les Etats de Bretagne l'avaient choisi comme député pour aller complimenter Louis XV après la grave maladie dont il avait été atteint.

Il s'était marié en 1752, avec demoiselle Anne-Françoise de la Bonde d'Hyberville. Le Mercure de France de septembre 1752, mentionne ainsi ce mariage :  "Le 25 mai, messire Thomas-Charles de Morant, colonel des dragons de la Reine, épousa Anne-Françoise de la Bonde d'Hyberville et leur contrat avait été  honoré, le 8, de la signature du Roi, de la Reine et de la famille royale. La célébration du mariage se fit près Rouen, chez le président de la Londe, oncle de la mariée" (note 1 : l'article du Mercure, très long, donne de nombreux détails sur les ancêtres du marié en reproduisant la généalogie depuis Thomas de Morant, chevalier, seigneur du Mesnil-Garnier, d'Eterville et de Rupierre, mort conseiller d'Etat en 1621)

Anne-Françoise de la Bonde d'Hyberville, dame et patronne de Biéville, née le 13 octobre 1726 était l'héritière de la branche des Morant de Rupierre par suite du décès (1750) de son père, Charles-François, chevalier, seigneur et baron de Rupierre, président de la Chambre des comptes de Normandie. Sa grand-mère, Antoinette de Morant, épouse de messire de la Bonde, vicomte de Thorigny, était elle-même petite-fille de Gaspard de Morant, chevalier, seigneur et baron de Rupierre et Biéville, conseiller du Roi, trésorier des Ponts, et frère de Thomas Morant, IIe du nom.

Par cette union, le château de Rupierre (sis commune de Biéville-en-Auge, élection de Lisieux), apanage de la branche de ce com au XVIIe siècle, passa aux mains du marquis du Mesnil-Garnier. De ce mariage naquirent quatre enfants :

I. Charles-Thomas-Marie-Thibaut, né en 1754, décédé en bas âge et inhumé à Saint-Germain.

II. Thomas-Marie-Louis-Geneviève (voir plus loin).

III. Marie-Françoise-Félicité, née à Rupierre, le 6 mai 1753. Son parrain fut le marquis de la Londe, son grand-oncle maternel, président à mortier au Parlement de Rouen, et sa marraine, la marquise de Morant, son aïeule. Elle épousa (5 novembre 1772) Esprit-Robert-Marie Le Roux, chevalier, baron d'Esneval, marquis de Grémonville, sire de Pavilly, vidame de Normandie, conseiller du Roi en ses conseils, président à mortier au Parlement de Rouen.  Ce dernier appartenait à une ancienne et bonne famille de la noblesse normande : né le 21 mai 1747, il était fils de Pierre-Robert Le Roux, chevalier, baron d'Acquigny, président à mortier audit Parlement, et de Françoise-Catherine Clérel de Rampère, baronne de Boisnormand, dame de Saint-Côme. La dernière descendante de cette branche est une demoiselle Zénaïde Le Roux d'Esneval, mariée, en 1825, à M. Paul-Emile du Val, comte du Manoir.

IV. Marie-Charlotte-Joseph, née à Bréquigny, baptisée à Saint-Etienne, le 2 novembre 1759, qui épousa à Saint-Sauveur de Rennes (3 août 1775) messire Armand Mériadec Le Gonidec, comte de Traissan, conseiller au Parlement de Bretagne (1777). Mme Le Gonidec de Traissan est morte en émigration à Walcot, comté de Bath (Angleterre), le 23 avril 1794. Son mari est décédé à Vitré, le 20 juillet 1814. Sa postérité est représentée par le comte Le Gonidec de Traissan, ancien député d'Ille-et-Vilaine et par la marquise du Plessis-d'Argentré.

Thomas-Charles, marquis de Morant, était décédé à son château de Bréquigny, le 13 octobre 1763. Le Mercure de France (décembre) annonce sa mort en ces  termes :
"Messire Thomas-Charles, marquis de Morant, comte de Penzés, baron de Fontenay et de Rupierre, seigneur châtelain de Bréquigny, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, maréchal du camp et armées du Roi, député du Roi en 1757 par la noblesse de Bretagne, assemblée aux Etats, mourut le 18 octobre dernier en son château de Bréquigny, âgé de 36 ans et 2 mois."
Il fut inhumé dans la chapelle seigneuriale de l'église de Saint-Germain de Rennes.

Sa veuve, Anne-Françoise de la Bonde d'Hyberville, décéda, en 1767, au château de Rupierre et fut inhumée dans l'église de Biéville-en-Auge. Dans le choeur, côté de l'Evangile, on lit l'inscription suivante sur une table de marbre noir portant un blason :
Cy-git
Très haute et très puissante
Dame, Madame Anne-Françoise
de la Bonde-d'Hyberville
décédée à son château de
Rupierre, le 20 octobre
MDCCLXVII
veuve de très haut et très
puissant seigneur messire
Thomas-Charles comte
de Morant
Maréchal des camps et armées
du Roy, mort à son château
de Bréquigny près Rennes
le 20 octobre MDCCLXIII
Vertueuse, sensible et charitable
elle fut le bonheur et l'exemple de tous ceux
qui vécurent avec elle,
faisant jour son époux des fruits d'une sagesse
dont les leçons instruisaient ses enfants (note : De Caumont, Statistique monumentale du Calvados, p.424)

Rupierre était un très beau château qui fut démoli un peu avant la Révolution et dont il ne subsiste plus que quelques dépendances. Les plans anciens, croyons-nous, sont conservés par M. le comte Le Gonidec de Traissan. Le domaine est aujourd'hui aux mains de la famille du Plessis-d'Argentré.

Thomas-Marie-Louis-Geneviève, marquis de Morant

Thomas-Marie-Louis-Geneviève, chevalier, marquis de Morant, comte de Penzès, baron de Fontenay, seigneur et patron de Rupierre, fils de Thomas-Charles et d'Anne-Françoise de la Bonde d'Hyberville, était né au château de Bréquigny le 30 juillet 1757 et avait été baptisé en l'église de Saint-Etienne de Rennes. En 1775, il était officier au régiment de dragons de la Reine dont son père était colonel.

"Le 14 mai 1781 fut célébré en l'église Saint-Sulpice, à Paris, le mariage de très haut et très puissant seigneur, le marquis de Morant, capitaine de cavalerie au régiment royal-étranger, avec demoiselle Thérèse-Hippolye-Hélène Sanguin, fille de François-Hippolyte, marquis de Livry, et de Thérèse-Bonne Gillain de Bénouville."
(Mlle Sanguin de Livry avait une soeur qui épousa, en 1787, le comte de Polignac.)

M. de Magny, dans son Nobiliaire de la Normandie (Rouen 1862), fait figurer le marquis de Morant sur la liste des gentilshommes ayant fait leurs preuves pour monter dans les carrosses du Roi. Le nom du marquis de Morant figure également au procès-verbal de l'Assemblée de l'ordre de la noblesse tenue en l'église de Saint-Etienne de Caen. On le trouve aussi pour les baillages de Falaise et de Vire, représenté par le chevalier d'Héricy et M. de Nantier. Thomas-Marie-Louis-Geneviève, mourut à Paris, le 10 avril 1832, sans laisser de postérité. Il était le dernier représentant mâle de la branche aînée des marquis de Morant du Mesnil-Garnier.




MERCURE de FRANCE

Référence :  Mercure de France, vol. 329
Provenance : Gallica

1752(?) "Le 25 mai, Messire Thomas Charles de Morant, Colonel des Dragons de la Reine, épousa Anne-Françoise de la Bonde d'Iberville, & leur contrat avoit été honoré le 8 de la signature du Roi, de la Reine & de la Famille Royale. La célébration du mariage se fit près Rouen, chez le Président de la Londe, oncle de la mariée. M. de Morant, qui porte pour armes d'azur, à trois cormorants, 2 en chef, et 1 en pointe, l'Ecu timbré d'un casque, avec cette devise, A candore decus, est issu de Thomas de Morant, Chevalier, seigneur du Mesnil-Garnier, d'Eterville & de Rupiere, qui mourut Conseiller d'Etat en 1621. Il avoit épousé en 1578 Mariolle Morelle, dont il laissa trois filles & deux fils, sçavoir, Thomas de Morant, Baron du Mesnil-Garnier, & Gaspard, Baron de Rupierre. La branche de celui-ci est fondue dans Charles-François de la Bonde, Chevalier, Seigneur d'Iberville, pere d'Anne-Francoise d'Iberville, dont nous annonçons le mariage. La premiere des trois filles épousa Jacques de Cauvigny, Chevalier, Seigneur dudit lieu & de Vierville. La deuxième, appellée Jeanne, épousa Charles de Becdelièvre, Chevalier, Seigneur d'Ocqueville, dont est descendu le Marquis de Cany. La troisième, appellée Magdeleine, épousa Pierre Boutin, Chevalier, Seigneur de Victot, Baillif de Caen"





MATHIEU MARAIS

Référence : Journal de Paris, volume 2, Mathieu Marais, édition établie, présenté et annotée par Henri Duranton et Robert Granderoute
Provenance : Gallica

1723, 6 octobre - D'Iberville. Mort subite. - M. d'Iberville, ci-devant envoyé en Angleterre et en Espagne pour négociations secrètes, m'est venu voir ce matin [...] M. d'Iberville [...] ne comptait pas qu'il mourrait le soir subitement. J'ai été fort surpris d'apprendre la nouvelle de sa mort. Il était fort bon homme pour un Normand, savait beaucoup de choses, mais il parlait trop pour un homme d'Etat et vous assassinait de cent histoires que vous ne saviez point et qui ne finissaient point."

dernière modification : 16 mars 2013

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