NOTES d'Alfred BENOIST : le 29 juin 1944

Ce 29 juin au matin le gros des troupes allemandes [...] protège les routes de repli allant vers Saint-Lô, quarante pièces d'artillerie en batterie à la pointe de la Houssaye bombardent les arrières allemands.

C'est la journée décisive pour Villiers-Fossard. De nombreux chars se sont concentrés sur Saint-Clair le 28 juin. Le 29 au matin à l'aube une préparation intense d'artillerie et une activité accrue de l'aviation américaine annoncent une attaque très proche. Une colonne de chars passant par le village de la ferme Saint-Clair venant de la Houssaye, une seconde venant par la route d'Isigny font leur jonction vers la Ponterie, montent l'avenue de hêtres et ouvrent le feu au Sud de la Ponterie (il y a environ quarante chars). Ces chars sont suivis de troupes spéciales les suivant au pas de course.

L'attaque se développe en direction de Secqueville, de l'Abbaye et du Bourg. A l'Ouest du Bourg, [à l'hôtel] Durand, au cours du bombardement l'officier commandant la compagnie qui tient ce secteur est tué et emporté sur une porte. Nombreux tués et blessés allemands. Le reste, environ 80 hommes, emmené par un adjudant gagne la Régence et prend la direction de Saint-Lô. Une dizaine de morts sont enterrés à la Régence au bord de la route, les autres restent sur le terrain. Les blessés sont transportés au Suppey où se trouve un poste de secours. Les Américains arrivent immédiatement après le départ des Allemands et occupent le Bourg vers 9 heures du matin. D'autres troupes américaines occupent le terrain situé entre le Bourg et le Moulin. Mais ces dernières troupes doivent se retirer laissant un officier tué qui est enterré près du lavoir en face de l'étang du moulin. D'autre part une contre-attaque allemande venant de la Régence oblige les Américains à se replier et le Bourg est occupé par les Allemands à 4 heures du soir. Dans la soirée, nouvelle action des chars américains et cette fois-ci les Allemands partent définitivement.

Perte des Américains : quatre chars brûlés à l'Abbaye, deux brûlés sur la place du Bourg, une automitrailleuse a sauté sur deux mines posées près de l'église. Nombreuses pertes en hommes. Des prisonniers allemands sont amenés à la Ponterie et à Launay, ils sont ensuite parqués à la Chitellière. Un poste de secours américain est campé dans la carrière Pépin (Haut-Cantel). Les postes d'infirmerie qui étaient arrivés en même temps que les chars et qui s'étaient installés dans la cour de la Ponterie à l'abri d'un mur repartent le soir à Saint-Clair.

Cette action du 29 juin avec prise du Bourg a porté les Américains jusqu'au Suppey et les terrains immédiatement au Sud, les Américains se trouvent sur le versant Nord de la vallée ayant en face d'eux sur l'autre versant les Allemands repliés sur la ligne fortifiée construite au Champ Pécot vers le 20 juin. Les Allemands occupent encore l'hôtel Neveu et l'hôtel Bonnet en plus du Champ Pécot. Il va être très dur de les déloger de ces positions car tout le terrain que les Américains ont devant eux est terriblement miné.

Le 1er juillet le fermier de l'hôtel Bonnet [Monsieur PACARY] est encore chez lui, les Allemands sont sur sa propriété à 300 mètres des Américains occupant en particulier un chemin creux (chemin du Bourg d'Enfer) reliant l'hôtel Bonnet au Champ Pécot. Le 30 juin il signale les Américains à environ 300 mètres de chez lui sur la propriété du Suppey avec une trentaine de chars armés de canons. Il vit dans un abri. Sa femme est blessée le 1er juillet et il part avec sa famille, les Américains les conduisent à la Ponterie (ce 1er juillet). Les Américains à cette date se plaignent à lui de n'avoir pas encore été relevés et ils avouent de grosses pertes en hommes.

A une date imprécise les Américains réussissent à s'infiltrer jusqu'aux environs du Champ Pécot. La bataille fait rage de 6 heures du matin à 4 heures du soir. Les Américains sont obligés de se replier. Les pièces d'artillerie allemandes tirèrent sans interruption; l'artillerie américaine pilonne ce secteur où l'on comptera par la suite 791 trous d'obus sur environ 7 hectares et 8 bombes non éclatées. Un avion allemand est tombé également sur ce terrain.


dernière modification : 3 novembre 2001

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