VILLIERS-FOSSARD : juin et juillet 1944

Depuis l'arrivée des Allemands en juin 1940 la commune de Villiers-Fossard avait été relativement privilégiée. Peu de troupes d'occupation. Seul le secteur de la commune situé sur la route de Saint-Lô à Isigny connut une occupation presque ininterrompue (occupation par des troupes de cavalerie).

Donc peu de troupes sur la plus grande partie de la commune. Celles que nous voyions ne faisaient que stationner, car c'étaient des troupes qui se déplaçaient ou qui venaient prendre quelques jours de repos avant de gagner un point quelconque du front.

C'est ainsi qu'en décembre 1941 une compagnie cycliste arriva. Ils allaient, disaient-ils, à Guernesey. Après huit jours de repos cette compagnie repartit. En décembre 1942, nouvelle arrivée de troupes, infanterie cette fois, qui occupent le Bourg et ses environs pendant dix jours. Ces soldats étaient presque tous de Hambourg et le 3 janvier après avoir reçu des vêtements chauds et des bottes fourrées ils partaient sachant qu'ils étaient désignés pour le front russe.

Le 3 novembre 1943 nouvelle arrivée. L'occupation est cette fois plus longue et s'étend sur les communes de Villiers-Fossard et du Mesnil-Rouxelin. Il s'agit cette fois de jeunes recrues qui terminent leur instruction militaire. Ce sont de très jeunes soldats pour la plupart autrichiens. Le capitaine est lui même autrichien. Le 15 février 1944 ces troupes partent et se dirigent sur le Calvados (ces troupes en juin 1944 seront ramenées sur le théâtre des opérations du bois de Bretelle ou bois de Mesnilville et tous trouveront la mort en ce lieu). Leurs équipements et leur matériel sont transportés par les cultivateurs de la commune, réquisitionnés avec leurs équipages. Au moment de leur départ, comme nous nous apprêtions à reprendre possession de nos appartements l'ordonnance ou capitaine qui bouclait la cantine de son chef vint en confidence nous dire que cette chambre où avait couché un officier allemand serait bientôt... très bientôt occupée par un officier américain ou anglais. Devant notre air surpris (surpris en fait par l'origine du renseignement) il affirmait avec conviction qu'il fallait le croire car le débarquement allié se préparait. Leurs avions de reconnaissance avaient noté une activité sans cesse croissante dans les ports anglais.

Après ce nouveau départ la vie reprit. Nous parlions de ce débarquement que nous attendions. La T.S.F. en cette fin de mai et ce début de juin 1944 annonçait de nombreux raids sur le Nord de la France et sur la région parisienne. L'énervement augmentait. On était à l'affût de la moindre nouvelle. Chaque nuit des avions survolaient la localité. Dans la nuit du 4 au 5 un avion survolant la commune à basse altitude laissait tomber un chapelet de 12 bombes à moins de 150 mètres du Bourg puis tous ses feux allumés prit la direction du Nord et disparut dans la nuit.

A la limite des communes de Villiers-Fossard et de Couvains dans un château entouré d'un beau parc était un état-major allemand et un groupe d'élèves officiers. Nous comprîmes que c'était cela qui avait été visé par l'avion. La voie ferrée était journellement attaquée.

Le lendemain dans la nuit du 5 au 6 vers minuit au Nord et à l'Ouest le ciel est tout rouge.


dernière modification : 3 novembre 2001

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