NOTES d'Alfred BENOIST : du 6 au 9 juin 1944

6 JUIN

Au petit jour vers 5 heures arrivée des premiers allemands. Camions, petites voitures viennent se camoufler sous les tilleuls de l'école. C'est un grand désordre, les officiers gesticulent, crient des ordres, ils ne pensent qu'à une chose : se cacher. Ils occupent les classes. Des avions américains survolent bientôt le Bourg mais ne voient rien. Puis de longues colonnes de troupes qui se replient traversent le Bourg venant de la direction de La Meauffe et se dirigeant vers la route d'Isigny. Ils ont l'air terriblement fatigué. Ils montent la côte poussant leur bicyclette.

Les habitants du Bourg s'évacuent, emportant dans des carrioles tout ce qu'ils peuvent emporter.

NUIT du 6 au 7 JUIN

C'est le bombardement de Saint-Lô. Nous entendons le roulement du bombardement et nous voyons l'incendie. Les avions passent : l'un d'eux en flammes traverse le ciel et s'abat dans la direction du Nord. A deux heures du matin les premiers rescapés de Saint-Lô arrivent. Le jour vient : les avions passent et repassent. Nous notons un bombardement sur La Meauffe.

NUIT du 7 au 8 JUIN

Des centaines d'avions tournoient. Des troupes allemandes camouflées sur le territoire de Couvains ont été repérées et au cours de cette nuit sont attaquées à la bombe. Des bombes tombent sur Villiers-Fossard tout près de la ferme de la Ponterie : fortes pertes allemandes et 18 civils tués.

Le 8 JUIN

Les Allemands terrés sont invisibles. Sans arrêt les avions américains patrouillent au-dessus des routes allant de Villiers-Fossard à Saint-Lô et au-dessus de tous nos petits chemins.

Le 9 JUIN

Tout est calme. Un poste de secours allemand arrive, il prend possession des écoles, dressant sur le toit et sur la place le drapeau de la croix-rouge. Des blessés sont descendus au café Legiret.

 


dernière modification : 3 novembre 2001

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