L'ADMINISTRATION COMMUNALE DE 1830 à 1920

Quel dommage que les Archives communales ne possèdent plus les premiers cahiers de délibérations du Conseil ! Nous connaîtrions sans doute quelque chose du Villiers révolutionnaire et impérial que nous ignorerons toujours.

A partir de 1830 seulement nous pouvons suivre le travail de la municipalité toujours prudente, active, soucieuse du bien général, quoique parfois un peu hostile au progrès, trop onéreux à son gré.
Il ne semble pas que la politique eut jamais grande prise sur elle, car elle ne manifesta aucun enthousiasme pour les régimes successifs qui gouvernèrent la France. Seules furent fêtées les Journées de Juillet en 1839 et ce fut fort sagement, dans l'union sacrée, " par une distribution de pain aux pauvres après annonce et avec présence de M. le curé. "

Elle sut néanmoins comprendre son devoir patriotique quand il le fallut : au mois d'août de la même année, elle organisa dans la commune une compagnie de la garde nationale. Pendant la guerre de 1870, elle vota, le 23 septembre 300 fr. " pour achat d'armes et de munitions ", puis le 5 décembre, " une imposition extraordinaire de 2.322 fr. à se procurer immédiatement pour l'habillement et la subsistance des gardes nationaux mobilisés. " " Les ennemis pouvant d'un moment à l'autre envahir la Normandie, disait le maire à la première de ces réunions,... pour repousser les armées prussiennes, pour empêcher leurs ravages, il est indispensable, comme de notre devoir, de pourvoir dans la limite du possible au soin de notre défense. " Durant la guerre de 1914, elle accorda diverses subventions aux œuvres de guerre et accueillit des réfugiés.

Mais il allait mieux généralement à nos bons agriculteurs de s'occuper d'améliorer les chemins, d'entretenir l'église (44), le presbytère, les écoles, de créer un lavoir à la Régence (45) et la place de la Mairie (46), de voter le traitement de vicaire (47), de l'instituteur et de l'institutrice, du garde-champêtre (48), du cantonnier (49), du sonneur municipal (50), ou du secrétaire de mairie (51), de régler le tarif des concessions dans le cimetière (52), d'appuyer des demandes de dispense de service militaire en faveur des jeunes gens soutiens de famille et d'assister les nécessiteux (53).

Ils étaient bien inspirés, aussi, lorsqu'ils demandaient entre autres, en 1856, que l'on établit une gare à La Meauffe sur la ligne Lison-Lamballe et, en 1869, " que les foires tombant le dimanche soient tenues comme autrefois par anticipation le samedi ", et quand ils jugeaient de l'opportunité des foires et marchés dans les bourgs de la région.

Mais ils boudaient le progrès, lorsqu'ils refusaient, en 1833, " que le service journalier de la poste soit établi dans la commune ", lorsqu'ils s'opposaient, en 1882, à la création d'une bibliothèque scolaire et lorsqu'ils retardaient jusqu'en 1909 la création d'un cours d'adultes en hiver. Ils se montraient encore trop peu compréhensifs de la misère et trop avares quand ils votaient contre la suppression de la mendicité en 1862, " vu qu'il n'y avait point d'argent " et contre l'octroi de l'assistance médicale et pharmaceutique aux indigents en 1892, " parce que les charges de la commune étaient trop lourdes ". Peut-être, cependant, manifestaient-ils alors le défaut d'une vertu bien normande, la sapience.


dernière modification : 3 novembre 2001


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