LES CONFRERIES

Sans doute y eut-il au Moyen-Age, puis à la Renaissance, quelques confréries paroissiales. Celle de Saint-Hubert existait encore, au début du XVIIe siècle. Les registres de catholicité de 1635 à 1649 donnent la liste de ses membres en tête desquels figurent curé et vicaire. C'est la seule trace que nous en ayons relevé.

Celle du Rosaire fut établie à la fin du siècle, le 7 octobre 1696. Le R. P. Maunoury, Jacobin de Caen, l'érigea à la requête de Me Louis Barassin, curé de Villiers ; de Me Henri-François de la Londe (note de DR = lire  de la Bonde), écuyer, conseiller du Roi, vicomte de Torigni ; de Damoiselle Marguerite de Richandeau, sa mère , vicomtesse de Torigni ; de Damoiselle Marie Rogier et d'autres principaux habitants de la paroisse.

" L'établissement de la Confrérie dans une paroisse était alors tout un événement. On s'y préparait comme à une grande fête. Un père dominicain portait la parole et procédait à l'érection canonique. Souvent les notaires royaux avaient été mandés afin de rédiger, en présence du clergé et de tout le peuple, l'acte des donations faites à la confrérie par les donateurs. M. le Curé qui en était de droit le directeur, désignait la chapelle désormais affectée au culte de N.-D. du Saint Rosaire... Ensuite, sur l'autel même, les noms des premiers confrères étaient inscrits dans un registre, et, quand ces premiers associés avaient élu parmi eux trois ou quatre membres chargés d'administrer le temporel, la Confrérie était définitivement constituée. Ces élus s'appelaient communément les Majeurs de la Confrérie ; ils en formaient le conseil ; ils avaient qualité pour recevoir tous les dons et legs, veiller à l'acquit des fondations, pourvoir aux frais du culte et à la décoration de la chapelle, secourir les associés indigents et malades. Tous les trois ans ils rendaient compte de leur administration à l'assemblée des confrères et ils étaient soumis à une nouvelle élection.

La direction spirituelle appartenait au curé. C'était à lui de présider les réunions mensuelles, les processions, de dire les messes du Rosaire, de célébrer les cinq anniversaires pour les défunts. Il veillait à ce que les associés fussent fidèles à réciter le Rosaire chaque semaine, à communier le premier dimanche du mois et aux principales fêtes de la Sainte-Vierge et à se montrer dans toute leur conduite dignes enfants de N.-D. du Rosaire " (19).

Il fallait donc qu'il y eût à la fin du XVIIe siècle un fort courant de piété dans la paroisse pour qu'on y établit une pareille association. Que n'en est-il de même aujourd'hui !

 


dernière modification : 2 janvier 2010

retour au Sommaire Abbé Debrix

La suite ...