L'ÉGLISE

D'un petit éperon, dominant la vallée du ruisseau de la Fossarderie, où elle est construite, l'église veille sur la paroisse. Le cimetière ou l'on accède par un bel escalier en fer à cheval, l'entoure.

Son aspect extérieur est classique en Basse-Normandie ; un long bâtiment cruciforme, orienté d'ouest en est, légèrement dévié vers le midi, précédé d'un porche, flanqué au sud d'une tour coiffée d'une bâtière et suivi de la sacristie au toit plat.

Les mars, en roches éruptives et en schistes compacts du pays sont, pour le chœur et la nef, du XIe siècle, ainsi qu'en témoignent les ouvertures romanes du chœur, plus étroites au nord qu'au midi, et la maçonnerie disposée en feuilles de fougères. Les fenêtres retouchées de la nef et celles des chapelles sont ogivales ; celles de la tour, du pignon ouest et du transept nord sont géminées. Le porche et le clocher datent de l'époque gothique, la sacristie de 1898 et la chapelle de la Vierge de 1939. Une gracieuse tourelle, élevée en 1877 (57) contre la tour en contient l'escalier.

L'intérieur est modeste, mais bien propre (58) et favorable à la prière. La voûte en plâtre de la nef (59) est faite en berceau ; celles des chapelles sont à nervures. Seul le chœur présente quelqu'intérêt architectural : les nervures de la voûte sont disposées comme les phalanges des palmipèdes, les colonnes qui les supportent sont ornées de chapiteaux à feuillage, deux fenêtres s'ouvrent au chevet, une piscine est enchassée dans le mur du côté de l'Epitre.

A part les fonts baptismaux du XIVe siècle (60), une lampe chaudron et deux peintures à l'huile : l'Assomption de la Vierge et la tradition des clefs à Saint Pierre, du XVIIIe, rien ne subsiste des mobiliers anciens. L'actuel date du XIXe et du XXe siècle. La tribune fut placée en 1875 ; les bancs de la nef, œuvre de M. l'abbé Fétille, également. Le chemin de Croix fut érigé en 1900 par le R. P. Lemonnier, supérieur du collège de Saint-Lô (61). La chaire fut élevée en 1883, par Emile Enouf, du Mesnil-Rouxelin, avec du chêne fourni par la fabrique. Le dallage du chœur est de 1875 ; le maître-autel, en pierre de Caen, de 1899 (62), l'autel du Sacré-Cœur, en marbre blanc, don du R. P. Lanjalley et de M. Labbey, de Couvains, de 1902 ; celui de la Sainte Vierge, en pierre, don de la famille V. Legoupil, et le rétable en dessin sur pierre qui le surmonte, don de Mme Croquevieille et de ses neveux, de 1939. Les sièges du lutrin les bancs occupés par les hommes furent aussi placés en 1939 : Mme A. André, M. et Mme Ch. Allix, M. et Mme J. Aubril. L'U. C. et la J. A. C. paroissiales offrirent les principaux.

De gracieuses statues ornent encore les murs de l'église : Saint Pierre et Saint Paul (63), les patrons de la paroisse, de chaque côté de l'entrée du chœur ; Saint Sébastien (64) et Saint Joseph (65) dans la chapelle du Sacré-Cœur ; Notre Dame de Bon-Secours, entourée d'ex-votos, Sainte Jeanne d'Arc, Saint Antoine de Padoue (66) et Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (66) dans la nef.

Des vitraux, de facture différente selon les années auxquelles ils remontent, 1899, 1908 et 1939 contribuent à créer l'atmosphère de recueillement propre à la maison de Dieu. La plupart portent le nom de leurs donateurs : M. Marcel Trouvain, Mme veuve Eugène André et ses enfants, M. et Mme Jouin et leurs enfants, M. et Mme Pierre Legendre et leurs enfants, M. et Mme Paul Fauchon, Mme veuve Aimable Allix et son fils Charles, Mme veuve Toussaint Tréfeu et ses enfants, M. et Mme Edouard Aubril, Mlle Marie Aubril, M. et Mme Tréfeu et leurs enfants, M. et Mme Célestin Pellé.

Dans la tour, enfin, est logé un harmonieux carillon de trois cloches, donnant les trois notes, fa, sol, la.
La plus petite est la plus ancienne. " L'an 1805, porte-t-elle comme inscription, l'an premier de l'Empire français, j'ai été bénite par Michel-Laurent Aubril, prêtre succursaire de Villiers-Fossard, et nommée Mathurine, Marie, Anne, par dame Mathurine, Marie, Anne Germain, veuve Le Jolis, assistée de Monsieur François, Alexandre, Léonord Le Jolis de Villiers, son fils. Les frères Grente nous ont faite à Hambye en 1805.

La seconde précise aussi ses origines : " J'ai été bénite par Monsieur Michel-Laurent Aubril, curé de ce lieu, et nommée Alexandrine, Victorine par Demoiselle Anne, Françoise, Alexandrine, Léonore Le Jolis de Villiers, assistée de M. Victor Le Jolis de Villiers, premier substitut de Monsieur le Procureur général de la Cour Royale de Caen. J'ai été donnée par les libéralités des habitants et de Monsieur le Curé de Villiers-Fossard. Anno Domini 1820. Fondue par les frères Grente à Hambye.

Quant à la plus grosse, toute récente, elle est la petite cloche de 1805, refondue et portée de 170 kilos à 558. " L'an 1933, rappelle-t-elle, S. E. Mgr Louvard, évêque de Coutances, j'ai été bénite par Mgr Leridez, vicaire général, en présence de Monsieur l'abbé A. Chesnel, curé, Monsieur Pellé Célestin, maire. J'ai été fondue grâce à la générosité des paroissiens de Villiers-Fossard (67) et nommée Augustine, Charlotte, Victoire, Marie, par Monsieur Allix Charles et Madame Augustine Pellé, née Jouin, mes parrain et marraine. "

Ainsi, maison de Dieu, embellie de génération en génération, l'église de Villiers-Fossard est bien aussi la maison de prière de tous les Villariens. Que ne sont-ils tous assidus à s'y rendre quand ils le doivent !


dernière modification : 3 novembre 2001

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