GÉOGRAPHIE

Villiers-Fossard s'étend sur 869 hectares au bord oriental du massif armoricain d'origine primaire. Le ruisseau de la Fossarderie, qui naît en Couvains, à quelques mètres du château de Mesnilville, sur la limite de la commune, et qui le coupe en deux parties égales du sud-est au nord-est pour aller se jeter dans la Vire à Cavigny, lui donne, avec son premier affluent, né au sud, aux confins du Mesnil-Rouxelin, et le rejoignant un peu après l'église près de la route de la Meauffe, son aspect montueux. De plusieurs endroits l'œil découvre un assez vaste horizon vers le nord. La carte d'état-major est cotée 108 à la bifurcation de la route de la Meauffe vers Le Mesnil-Rouxelin et 115 sur la route d'Isigny à trois ou quatre cents mètres au nord de l'embranchement vers Couvains, tandis que sur les terrains voisins de la Meauffe et de Saint-Clair elle ne porte que 64 et 62. Cette différence d'altitude, sans influence sur les températures et la fréquence des pluies, évite du moins à la commune quelques-uns des nombreux et denses brouillards qui couvrent les vallées inférieures de la Vire et de l'Elle.

Villiers-Fossard compte 460 habitants, en 1722, Masseville y nombrait 110 feux ; en 1765, Dumoulin, 145. En 1818, il y avait 921 habitants ; en 1832, 789 ; en 1872, 605 ; en 1887, 527 (4). Ainsi la population a augmenté au cours du XVIIIe siècle, puis diminué aux XIXe et XXe. Depuis 120 ans, la densité est passée de 106 à 53. Ce fléchissement formidable est dû à la dénatalité et surtout à l'émigration vers les villes ; il explique que bon nombre de maisons aient été converties en communs ou abandonnées, elles soient tombées en ruine (5). Celles qui demeurent habitées sont dispersées sur tout le territoire de la commune. Elles ne sont plus coiffées de chaumes mais de tuiles ou d'ardoises et les plus importantes souvent ont été restaurées depuis une vingtaine d'années par leurs propriétaires qui les habitent.

Les villariens ont les qualités de tous les normands : prudence, énergie, amour du travail, économie. On leur a parfois reproché, dans le passé, quelques poussées de mauvais esprit ; on ne saurait le faire maintenant. Tous catholiques, ils ne sont malheureusement point tous pratiquants : trop d'hommes surtout se désintéressent du spirituel. Leurs voisins les qualifient parfois avec irrévérence de " chiens ". Ils traversaient en procession, un matin de Rogations, raconte la légende, les landes de la Meauffe. Soudain un lièvre effrayé par leurs chants s'échappa d'un fourré. Aussitôt tous de courir à sa poursuite, de le cerner, de le capturer et de l'apporter triomphalement aux Meauffois qui, malicieux, leur décochèrent cette épigramme (6).

Le terroir de la commune est, dans l'ensemble, fertile. On n'y trouve plus comme autrefois, des cultures industrielles ; il y a moins de céréales que jadis. Mais l'élevage réussit à merveille et les pommiers restent un capital productif. Quelques artisans et commerçants habitent le bourg d'où rayonnent de bonnes routes vers les communes voisines : Saint-Clair-sur-Elle, Moon-sur-Elle, La Meauffe, Le Mesnil-Rouxelin, La Luzerne, Couvains. Celle, plus importante, de Saint-Lô à Isigny limite à peu près Villiers à l'est. Le chemin de fer de Lison à Lamballe s'accède aux gares voisines de la Meauffe et Saint-Lô. Cette dernière ville est surtout fréquentée le samedi à cause du marché. D'elle vient chaque jour le courrier par la Poste Automobile rurale qui transporte aussi les voyageurs. Une ligne téléphonique y relie encore le bourg.

Au point de vue administratif, Villiers-Fossard, du canton et du doyenné de Saint-Clair (5 km.), dépend, au civil, de la Préfecture de Saint-Lô (6 km.) et, au religieux, de l'évêché de Coutances (34 km.). Depuis mars 1935, le curé de Couvains administre la paroisse.


dernière modification : 3 novembre 2001


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