LES INSTITUTEURS D'AUTREFOIS

Avant 1789, il y eut au moins, une école de garçons à Villiers, puisque Guillaume Damecourt, custos de 1737 à 1768, est encore signalé comme " maître d'école " sur un acte religieux de 1746.

Après la Révolution, instituteur et institutrice ne cessèrent d'instruire les enfants. En 1807, ils s'appelaient Prosper Legoupil et Marie-Louise Legoupil, sa sœur. A celui-là succéda Jean-Baptiste Cudrus, jeune homme de la Luzerne, qui, d'après un état officiel de l'Université Impériale, savait " lire, écrire et calculer ", avait de " très bonnes mœurs " et était " très capable d'enseigner ". Vint ensuite, en 1821, Charles Boivin, un villarien, né en 1790, qui avait épousé, le 7 août 1820, Julie Ravenel, de l'Epinay-Tesson, institutrice elle aussi. Le 2 septembre 1824, M. Aubril, son curé, rendait de lui à l'Evêque de Coutances le meilleur témoignage : " il n'a cessé, écrivait-il, de donner les leçons et l'exemple des vertus chrétiennes - fréquentant les sacrements dans les principales fêtes de l'année - et d'attachement au gouvernement du Roi. " Mme Boivin mourut en 1855 à 69 ans et son mari en 1866 à 75.

M. Mélot qui prit alors la direction de l'école de garçons était " le modèle du pédagogue, digne, aimable et laborieux. Un peu solennel avec son petit monde, il faisait bien travailler. En ce temps-là, il y avait chaque dimanche, réunion des enfants dans la cour de l'école avant les offices, puis le maître, portant son trombone, les faisait défiler sur deux rangs jusqu'à l'église (54) " où les notes du trombone à coulisse s'unissaient à celles du piston et de l'ophicléïde et aux voix puissantes du lutrin pour la plus grande gloire de Dieu.

Sous l'Ancien Régime, l'instituteur fut sans doute logé et rétribué par l'Eglise ; ensuite, il le fut par la commune. On se contenta de locaux scolaires des plus humbles jusqu'à la construction des écoles actuelles en 1864. Leur devis atteignit 17.325 fr. et le terrain sur lequel elles s'élèvent, appelé " hôtel Saint-Jean ", fut payé 82 fr. 50.

L'instituteur reçut un traitement de 200 fr. par an jusqu'en 1850. On lui alloua alors 600 fr. et, dans la suite, progressivement jusqu'à 1.200 à partir de 1877. Ces sommes étaient assurées à la fois par les enfants des familles aisées (55), qui chacun payèrent par mois de 0,40 en 1824 à 1 fr. 50 en 1875, par la commune dont la quote-part alla de 30 fr. en 1824 à 270 en 1882 et par le département et l'Etat qui soldaient ce qui manquait : 4 fr. 01 en 1837, 1.830 fr. en 1882. A cette date, la rétribution scolaire des enfants fut supprimée et celle de la commune quelques années plus tard.

Le traitement de l'institutrice n'apparut au budget communal qu'à partir de 1856. En 1877, il en disparut, après être passé par paliers successifs de 310 fr. à 900 fr. C'était modeste, les enfants de jadis recevant pour onze ans un assez joli bagage de connaissances.


dernière modification : 3 novembre 2001

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